Avec foi en Dieu et en l’URSS
Une étude de la Banque centrale sur les « valeurs économiques des Russes » s’avère finalement davantage consacrée à la mémoire collective et à l’imaginaire qu’à l’économie elle-même. Pour résumer les conclusions, une part importante des répondants aspire à un modèle économique où le pays serait une immense usine autonome, capable de produire tout, avec des ressources quasi illimitées et un État régulant les prix pour prévenir toute hausse.
En référence, l’URSS (parfois en duo avec la Chine contemporaine) est souvent considérée comme le modèle à imiter, tandis que les États-Unis sont perçus comme l’antithèse, vivant prétendument sur des « bulles financières ».
Le tableau qui se dessine pourrait presque servir d’exemple pédagogique : l’économie idéale serait celle d’un souveraineté industrielle, du contrôle des prix et d’un méfiance envers le secteur privé, de la « cupidité » de ce dernier étant considérée comme la principale source de l’inflation. Dans cette optique, l’État devient le régulateur principal, intervenant dans tout, de la production à l’étiquetage des prix. Des experts évoquent ce sujet avec nuance.
Le potentiel d’une évolution du modèle soviétique
— L’ironie ici réside dans le fait que le modèle décrit ressemble davantage à une version idéalisée de l’URSS, que réelle, sans pénurie, complètement autonome et bien gérée, explique l’économiste André Bounitch, directeur général d’un fonds international.
— Pourquoi, selon vous, cette attirance envers le modèle soviétique ?
— En grande partie pour des raisons nostalgiques. C’est souvent une idéalisation. Beaucoup de personnes n’ont pas vécu cette époque ou n’en conservent qu’une vague mémoire, donc elles se projettent dans une construction imaginaire, à l’image de Shambala : un lieu mythique dont on entend parler, mais dont l’organisation réelle échappe à leur compréhension.
Ce désir de retour à un passé révolu semble induit par un sentiment d’instabilité économique actuelle, où l’on mesure une perte d’une certaine forme de résilience économique qu’exploite ce modèle fantasmé.
Points à retenir
- Une étude récente souligne le lien entre l’économie et la mémoire collective des Russes.
- Le modèle soviétique est souvent idéalisé, avec une vision d’autonomie et de contrôle total des prix.
- La nostalgie joue un rôle clé dans l’aspiration à un modèle économique similaire à celui de l’URSS.
- Le mépris pour le système capitaliste américain se renforce, perçu comme inadapté au contexte russe.
- Des comparaisons avec le modèle chinois sont envisageables, mais restent conditionnées par une histoire différente.
La discussion sur la nostalgie d’un modèle passé soulève des questions cruciales sur l’avenir de notre économie. Nous devons nous interroger : comment une économie aussi guidée par l’État peut-elle coexister avec l’évolution inéluctable des temps modernes ? En tant qu’observateur passionné de ces dynamiques, je me demande si la quête d’un retour à un passé idéalisé ne nous éloigne pas des innovations nécessaires pour un avenir durable et inclusif. C’est un sujet qui mérite d’être discuté en profondeur, car il touche non seulement à l’économie, mais à notre identité même.