Alors que Marc Márquez domine le championnat MotoGP 2025 au guidon de la Ducati GP25, son coéquipier chez VR46, Fabio Di Giannantonio, traverse une période plus délicate. Après trois courses consécutives terminées hors du top 7, une question majeure se pose : la Ducati GP25 demeure-t-elle trop complexe pour certains pilotes ?
Francisco Bagnaia a salué l’introduction des nouveaux disques de frein avant plus grands (passant de 340 à 355 mm), qu’il estime être un facteur clé dans son retour sur le podium à Aragon. En revanche, Fabio Di Giannantonio n’a pas connu la même réussite lors des tests post-GP sur ce même dispositif.
« Le feeling au levier était différent, mais cela n’a pas apporté plus de confiance ni de sensations à l’avant. L’équilibre de la moto ne nous convenait pas », a confié le pilote romain à crash.net. Résultat : retour à l’ancienne configuration.
Di Giannantonio insiste sur le fait qu’il est difficile de comparer ses impressions à celles de Bagnaia. Les deux pilotes adoptent des réglages et des positions sur la moto radicalement différents. « Pour vraiment comprendre, il faudrait échanger nos motos. Nos configurations ne sont pas comparables », souligne-t-il.
Alors que Ducati tend parfois vers une standardisation des évolutions techniques, Di Giannantonio plaide pour une approche plus individuelle, surtout sur un aspect aussi crucial que le freinage.

« Fabio Di Giannantonio peine à maîtriser un fourche qui plonge davantage qu’auparavant »
En 2025, seuls trois pilotes roulent sur la dernière moto de Borgo Panigale : Márquez, Bagnaia et Di Giannantonio. Les résultats sont pour le moins contrastés : le premier mène le championnat avec 233 points, le second accumulate 140 points en cours d’adaptation, tandis que le dernier n’a plus goûté au podium depuis plusieurs manches.
Un élément technique pourrait expliquer cet écart : la fourche avant rallongée du GP25. Elle améliore la stabilité à haute vitesse, mais nécessite une adaptation spécifique au freinage, surtout lors de la phase de plongée. Uccio Salucci, manager de l’écurie VR46, admet que « Di Giannantonio rencontre des difficultés avec une fourche qui plonge plus qu’avant ».
Pour compliquer un peu plus les choses, Di Giannantonio n’a pas encore bénéficié du châssis amélioré testé et validé par Márquez lors du Grand Prix de France. Ducati a préféré réserver ce développement au seul champion espagnol, privant Bagnaia et Di Giannantonio d’un possible levier de performance supplémentaire.
Fabio Di Giannantonio montre indéniablement du potentiel, mais la GP25 reste à adapter à ses besoins. Pour l’instant, ni les disques de frein de 355 mm, ni les réglages actuels ne lui permettent d’exploiter pleinement sa Ducati. Il reste à voir si Ducati lui offrira les mêmes outils que Marc Márquez… ou s’il devra patienter encore un peu.

Points à retenir
- Marc Márquez affiche une maîtrise impressionnante sur la Ducati GP25, alors que ses coéquipiers ont plus de mal à dompter la machine.
- Le choix et la taille des disques de frein semblent bien plus déterminants qu’on ne pourrait le croire, question de sentir la moto, pas juste de freiner fort.
- Les réglages personnalisés prennent toute leur importance, on n’est pas tous hermès ni monté sur le même cheval.
- La fameuse fourche rallongée améliore la stabilité mais profite surtout aux plus adaptables au pilotage “qui tangue un peu”.
- Ducati joue parfois un jeu assez fermé, réservant certaines améliorations aux “privilégiés” de la marque.
En somme, la GP25 reste une belle bête exigeante qui ne se laisse pas dompter facilement, comme un sabre laser qu’on aurait confié à un apprenti Jedi un peu trop gauche. Patience et réglages aux petits oignons seront sans doute nécessaires avant de voir Fabio Di Giannantonio rivaliser avec Márquez. Quant à savoir si Ducati est prête à accorder les mêmes jouets à tout le monde… eh bien, la réponse pourrait bien ressembler à un nouveau Grand Prix de la diplomatie mécanique. Moi, je dis, on sort le pop-corn et on regarde ça se jouer… avec un peu d’humour, parce qu’il en faut !