Lorsqu’on évoque les plus grands pilotes de l’histoire du MotoGP, plusieurs noms traversent les décennies, mais seuls deux se dégagent clairement de l’ère des quatre temps : Valentino Rossi et Marc Marquez.
Ces deux champions, multipliant les victoires, ont partagé la piste assez longtemps pour forger l’une des rivalités les plus intenses du sport, même s’ils se sont affrontés moins fréquemment dans la seconde moitié de leur coexistence sur le circuit MotoGP.
Choisir entre eux n’est pas chose aisée. Marquez compte moins de statistiques, mais son compteur de victoires est loin d’être terminé. Rossi, lui, a bénéficié d’une carrière exceptionnellement longue, tandis que Marquez a dû surmonter plusieurs défis majeurs. Sans oublier le débat sur la qualité des adversaires affrontés par chacun au fil des saisons.
Dans une émission de TNT Sports, Cal Crutchlow, ancien pilote et désormais analyste, s’est joint à ses collègues Neil Hodgson et James Toseland pour trancher la question du « plus grand » parmi ces deux icônes.
Crutchlow n’a pas hésité une seconde à mettre en avant la qualité exceptionnelle de Marquez au freinage.
« Ce qui m’impressionnait le plus chez Marc, c’était sa maîtrise du frein avant », explique Crutchlow, qui a couru aux côtés de Marquez chez LCR Honda entre 2015 et 2019. « Il verrouillait souvent la roue avant en freinant, mais il jouait habilement avec le levier en entrée de virage. »
« Il a compris que plus on penche la moto, plus la décélération est efficace – et c’est totalement juste. Mais normalement, quand on bloque la roue avant, le réflexe naturel est de lever la moto pour éviter la chute. L’inverse chez Marc : il penchait encore plus. Personne d’autre n’y est arrivé. »
Pour James Toseland, figure de TX Sports et double champion du World Superbike, c’est la capacité de Rossi à captiver le public qui le distingue. Plus que son style de pilotage ou ses victoires, c’est son aura médiatique qui transcende sa carrière.
« Au-delà des performances, Rossi est un véritable showman », souligne Toseland. « Il a transformé le MotoGP en spectacle, sur et en dehors de la piste. Quand la télévision a commencé à miser davantage sur ce sport à la fin des années 90, Rossi a apporté une touche inoubliable. »
Le débat sur le « meilleur pilote de tous les temps » finit souvent par un constat d’impossibilité, faute de confrontation directe entre les légendes. Mais Hodgson rappelle ici une nuance importante : Marquez et Rossi se sont courus dessus entre 2013 et 2021.
« N’oublions pas qu’ils se sont bel et bien affrontés », insiste Hodgson. « Marquez est arrivé en 2013 comme rookie et a battu Rossi, pas juste une fois, mais plusieurs fois sur ces années-là. »
« Rossi n’était pas fini avant 2016, loin de là. Et pourtant, sur dix duels, Marquez en a remporté sept ou huit. Était-il sur la meilleure machine ? En 2013 probablement, en 2014 possiblement, mais en 2015 non. »
« Pour moi, c’est donc Marquez qui vole la vedette à Rossi. Est-il le plus grand ? Oui, je le pense. »
Crutchlow partage ce point de vue, tandis que Toseland se montre plus hésitant à placer Marquez au-dessus des légendes historiques comme Agostini ou Hailwood.
« Je ne peux pas me prononcer contre Valentino, Agostini, Nieto ou Hailwood », confie Toseland, « mais Marquez est assurément à égalité avec eux au regard de ce qu’il a accompli et des obstacles qu’il a surmontés. »
Points à retenir
- Le duel entre Rossi et Marquez illustre la complexité de définir un « meilleur pilote » quand les époques, les machines et les adversaires diffèrent.
- Marquez fascine par sa technique de freinage inédite, défiant les réflexes classiques en moto GP.
- Rossi, quant à lui, restera le showman qui a popularisé le MotoGP auprès du grand public, devenant un véritable ambassadeur du sport.
- Leurs affrontements directs entre 2013 et 2021 constituent un terrain d’analyse rare, apportant un éclairage unique à ce débat.
- Chaque analyste apporte sa touche personnelle, portant souvent les arguments qui valorisent soit l’audace technique, soit le charisme hors piste.
Au fond, choisir le plus grand pilote de MotoGP, c’est un peu comme départager un dessert au chocolat intense face à un gâteau vanille flamboyant : chacun met en avant ses propres critères, souvent subjectifs, et dans les deux cas, on ne refuse pas une part ! Alors, pourquoi ne pas reconnaître à ces deux géants leur talent unique et continuer à alimenter le débat, histoire de garder un peu de suspense et de passion sur nos circuits ? Après tout, tant qu’ils roulent, la magie opère, peu importe qui est en tête du classement.