ven. Juin 26th, 2026

À la mi-octobre, Microsoft a officiellement mis fin au support de Windows 10. Les utilisateurs ont donc deux options : passer à la version suivante de Windows ou envisager un autre système d’exploitation, et ce, de toute urgence pour éviter d’éventuelles cybermenaces. Ceux qui ne peuvent pas effectuer la transition rapidement peuvent encore s’enregistrer pour des mises à jour de sécurité basiques, bien que cela soit pour une période limitée.

La fonction publique allemande utilise également Windows 10, mais semble pour l’instant peu préparée à ce changement. Sascha H. Wagner, député du parti de gauche au Bundestag et membre de la commission des finances, a interrogé le ministère fédéral des Finances pour savoir combien d’ordinateurs fonctionnent encore sous Windows 10, combien coûtera la transition vers Windows 11, et jusqu’à quand ces machines devront être mises à jour.

Malheureusement, il n’a pas reçu de réponse. Le ministère a indiqué que les informations nécessaires n’étaient ni compilées ni disponibles, et qu’il faudrait mener des “enquêtes approfondies” pour y répondre.

Pas de ressources pour estimer les ordinateurs concernés

Le ministère a également laissé sans réponse les questions concernant le nombre d’appareils au sein de l’administration fédérale qui deviendront obsolètes avec la fin du support de Windows 10 et le coût associé à l’acquisition de nouveaux appareils sous Windows 11.

Il a été précisé que la collecte de ces informations dépasserait le cadre d’une “demande de rapport standard”. Wagner a exprimé sa préoccupation, affirmant que le fait que le ministère numérique, sous la direction de Karsten Wildberger, ne sache pas comment gérer ce passage forcé à Windows 11 est alarmant.

Un système de gestion des licences centralisé pour l’État a déjà été approuvé en 2019, mais des avancées ont été promises sans grande concrétisation. L’idée de ce projet, longtemps annoncé, était de permettre aux administrations fédérales d’accéder à des informations ouvertes concernant les licences.

Les critiques de la cour des comptes fédérale ont également été déterminantes à cet égard ; celle-ci a souligné à plusieurs reprises (PDF) le manque de transparence entre les administrations, ce qui conduit souvent à une utilisation inefficace des logiciels. Des sur- ou sous-licences se produisent fréquemment, car si les administrations savaient ce que les autres achètent et à quels prix, elles pourraient échanger des licences entre elles et améliorer leur pouvoir de négociation lors des achats.

Pas de ressources pour une gestion centralisée des licences

Pourtant, le plan de création d’un organisme centralisé n’a pas encore été mis en œuvre en raison d’un manque de ressources, selon le ministère. Par conséquent, il n’existe pas encore de structure qui centralise les informations sur les licences pour les ministères et les agences concernées. Bien que des outils de gestion des licences soient désormais disponibles, les administrations ne sont pas obligées de les exploiter.

Plutôt que de pousser à l’avancement du projet de gestion des licences, le ministère des Affaires numériques souhaite maintenant créer une base de données centralisée au niveau national, qui rassemblera également les informations sur les licences des différents ministères.

La fin du support de Windows 10 ne semble pas perturber la fonction publique. Cela pourrait s’expliquer par le fait que Microsoft continuera de fournir des mises à jour de sécurité, mais cela pourrait engendrer des coûts pour chaque appareil au sein des organisations. L’enjeu principal devrait être de “réduire la dépendance et les coûts croissants associés aux produits Microsoft”, souligne Wagner.

Points à retenir

  • Les utilisateurs de Windows 10 doivent se préparer à une mise à jour rapide pour éviter des risques de sécurité.
  • Le manque de préparation de la fonction publique face à cette transition soulève des interrogations.
  • La gestion centralisée des licences est un projet sur lequel peu de progrès ont été réalisés jusqu’à présent.
  • Les coûts de transition vers Windows 11 restent incertains pour de nombreuses administrations.
  • Le ministère des Affaires numériques envisage de créer un pool de données pour rassembler les informations sur les licences.

À travers cette situation, il est légitime de se demander si la fonction publique dispose des moyens et de l’agilité nécessaires pour s’adapter aux évolutions technologiques. Faut-il changer nos méthodes de travail pour anticiper de telles transitions à l’avenir ? La question de la dépendance à des géants technologiques comme Microsoft mérite également réflexion. Quel avenir pour notre indépendance numérique ?


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