Le directeur et CEO de l’équipe Mercedes F1, Toto Wolff, a récemment exprimé son intention de réduire le nombre d’équipes clientes recevant des unités de puissance (PU) à l’avenir.
Depuis longtemps, Mercedes domine la grille de F1, ayant été à l’avant-garde de l’ère des moteurs V6 hybrides. Toutefois, avec l’arrivée de nouvelles réglementations concernant les moteurs, la marque envisage une réévaluation de sa stratégie.
Une réduction à « 2-3 équipes » souhaitée
Actuellement, Mercedes fournit des unités de puissance à quatre équipes : sa propre écurie, ainsi qu’à McLaren, Williams et Aston Martin, qui a remporté le championnat des constructeurs cette saison.
À partir de la saison prochaine, Aston Martin passera aux moteurs Honda, tandis qu’Alpine, qui cesse le développement de ses moteurs Renault, rejoindra les utilisateurs de Mercedes. Ainsi, la configuration de quatre équipes sera maintenue pour le moment. Chaque équipe a signé jusqu’en 2030.
Crédit : Alpine Racing
Franco Colapinto, à bord de l’Alpine A525 pendant les essais libres du GP de Las Vegas.
Cependant, Wolff, en accord avec Ola Källenius, président du groupe Mercedes-Benz, a décidé de réduire ce nombre.
« Nous envisageons de diminuer le nombre d’équipes fournies lors du prochain cycle. Idéalement, cela devrait être entre 2 et 3 équipes », a déclaré Wolff. La principale raison de ce choix est le fardeau que représentent la fabrication et la logistique. Fournir 4 équipes signifie devoir préparer 16 unités de puissance pour la première course.
« Si nous étions comme Honda, en fournissant une seule équipe, cela ne nécessiterait que 4 ou 5 unités. Cela implique davantage de temps de préparation et un cycle de production plus long. Donc, à l’avenir, avoir 4 équipes ne devrait pas être notre modèle », a-t-il précisé.
Crédit : Daimler AG
Toto Wolff, Ola Källenius et Sir Jim Ratcliffe.
Un équilibre entre avantages et inconvénients
De son côté, Hawe Thomas, directeur général de Mercedes AMG High Performance Powertrains (HPP), est partagé sur les avantages et les inconvénients de cette réduction.
« Avoir plusieurs équipes permet de recueillir davantage de données, d’informations et de kilomètres d’essai », souligne-t-il. « Avec quatre fois plus d’ingénieurs, leur retour sur le développement est précieux », bien qu’il reconnaisse que ce n’est pas toujours évident.
Crédit : Mercedes-Benz Grand Prix Ltd.
Hawe Thomas, directeur général de Mercedes AMG HPP, en 2024.
Cependant, la charge de production ne peut être ignorée. « Produire une telle quantité de matériel exige des décisions de conception précoces », explique Thomas.
« La question est de savoir ce qui est idéal : une seule équipe ou quatre. Je pense qu’une sorte de « sweet spot » existe, mais il se situe plutôt près de quatre équipes ». Le besoin de données se heurte à la pression pour plus d’efficacité et de rapidité. Alors que Mercedes fournit des unités de puissance à McLaren, un concurrent de taille, la décision de réduire le nombre d’équipes sera-t-elle bénéfique ou pénalisante ? Qui pourrait en être affecté ou se retrouver exclu ?
Points à retenir
- Toto Wolff vise à réduire le nombre d’équipes clientes de Mercedes à 2 ou 3.
- Aston Martin change pour un moteur Honda, tandis qu’Alpine devient un client de Mercedes.
- Le choix se justifie par la logistique et le coût de production des unités de puissance.
- Hawe Thomas évoque les avantages de multiples équipes pour le développement, mais la production pose également des défis.
- Un équilibre entre le besoin de données et les impératifs d’efficacité est nécessaire pour la stratégie future.
En réfléchissant à l’avenir de l’équipe Mercedes, il est essentiel de s’interroger sur l’impact de ces choix dans un championnat en constante évolution. La décision de réduire le nombre d’équipes clientes pourrait redéfinir non seulement leur propre dynamique, mais aussi celle de la compétition. C’est un sujet crucial qui mérite d’être approfondi, surtout dans un sport aussi exigeant et technique. Qu’en pensez-vous ?
